Bonjour à tous,

   je suis sur le point de soutenir ma thèse de doctorat vétérinaire qui porte sur les différences de raisonnement clinique entre un clinicien novice (étudiant en fin de cursus) et un clinicien expérimenté. En tant qu’étudiant, ce sujet m’a toujours intéressé et intrigué car l’expertise semble recouvrir l’acquisition d’un “bon sens” clinique qui ne s’acquiert… que par l’expérience. D’autre part, au cours de mon cursus scolaire à l’Ecole Nationale Veterinaire de Toulouse, j’ai acquis pas mal de connaissances mais qui s’avèrent au final peu organisées. Or, le raisonnement clinique s’appuie sur des réseaux de connaissances interreliées.

   Ma thèse répond donc à un besoin personnel qui en intéresseront plus d’un, je l’espère !

   L’objectif de ce blog est de partager des réflexions sur la démarche clinique en médecine vétérinaire ou humaine. Mon travail bibliographique s’avère peu spécifique et beaucoup d’éléments recoupent la médecine humaine.

    Quand j’ai débuté ce projet, j’étais un peu dérouté car j’avais en tête des concepts philosophiques inculqués par mes professeurs (normalité, causalité, imputabilité ou induction, déduction voire l’abduction). Pris isolèment, dans une perspective uniquement philosophique, ces concepts perdent de leur portée. Aujourd’hui, la psychologie cognitive ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude du raisonnement clinique.

  Voici, le résumé de ma thèse :

La compétence clinique repose sur les connaissances (savoir), les habiletés cliniques (savoir-faire et savoir-être), et le raisonnement clinique. Le raisonnement du clinicien est une boîte noire, c’est-à-dire un système complexe dont on connaît les données et la réponse au problème mais dont on y ignore le fonctionnement. La psychologie cognitive, l’étude des mécanismes de la pensée, permet de décomposer la démarche clinique en étapes successives. Chaque fonction cognitive se rattache à une étape de la démarche clinique. D’abord, le vétérinaire recueille et interprète les données en fonction de l’organisation de ses connaissances. Le but de la démarche clinique est la formulation d’un diagnostic, d’un pronostic et d’une conduite à tenir. Plus modestement, il s’agit de prendre la meilleure décision dans des conditions limitées en temps et en moyens. Ainsi, face à un problème, le clinicien génère deux ou trois hypothèses, par des processus conscients ou inconscients qui lui servent de cadre d’investigation. Les méthodes de génération des hypothèses varient en fonction de son expérience et du temps clinique (motif de consultation, anamnèse, examen clinique, examens de laboratoire). Le contexte clinique fourmille d’imprécisions et d’incertitudes. La logique floue permet de caractériser plus formellement l’imprécision des signes cliniques. Le clinicien expérimenté utilise de nombreux raccourcis mentaux qui lui permettent de gagner en efficacité la plupart du temps. Enfin, les apports de la psychologie cognitive sont appliqués à la pédagogie car les modalités d’évaluation orientent l’apprentissage des étudiants.

  Bienvenue à tous !